“Il a laissé une bonne trace à l’Inter” : Qui est Alessandro Antonello, le nouveau DG de l’OM ?

“Il a laissé une bonne trace à l’Inter” : Qui est Alessandro Antonello, le nouveau DG de l’OM ?



Il s’agit, finalement, de la troisième recrue estivale de l’OM. Après avoir officialisé un accord de principe pour Angel Gomes, ainsi que le transfert du défenseur central anglais Conrad Jaden Egan-Riley, le club olympien a cette fois décidé de renforcer son organigramme avec la venue d’Alessandro Antonello, nommé directeur général ce lundi. Visage bien connu du Calcio, et alors que son arrivée à l’AS Rome semblait dans les tuyaux, ce dernier a finalement décidé d’épouser le projet olympien, séduit par les paroles du président Pablo Longoria. Les deux hommes se connaissent d’ailleurs plutôt bien. Ils avaient été vus au Stade Vélodrome aux côtés lors d’un match contre Saint-Étienne au mois de février.

À l’OM, le poste de DG a été occupé ces derniers mois par Stéphane Tessier puis Cécilia Barontini, qui ont tous deux quitté le club après des divergences et tensions avec le président Pablo Longoria et avec la direction sportive.

Au sein de l’Olympique de Marseille, Alessandro Antonello prendra en charge le développement économique du club. Il conduira la stratégie d’augmentation et de diversification des revenus, veillera à valoriser pleinement le potentiel de l’Orange Vélodrome, à accélérer la transformation digitale du club et à renforcer le rayonnement international de la marque OM, dans une logique de gestion durable et responsable. En étroite coordination avec les équipes de direction, il jouera un rôle central dans la mise en œuvre du projet de croissance et de bonne gestion porté par le propriétaire et la présidence du club“, a précisé l’OM dans son communiqué.

À bientôt soixante ans, Antonello possède le profil d’expérience que recherchaient les dirigeants marseillais à ce poste. Celui qui est devenu également membre du Directoire sort tout juste d’une grande aventure avec l’Inter Milan, où il a occupé successivement les fonctions de directeur financier, directeur des Opérations puis de directeur général. Là-bas, il y a rapidement pris un rôle central. Débarqué comme directeur financier en 2015 (“Chief Financial Officer”), il voit son portefeuille grandir au fil du temps, devenant administrateur délégué (“Chief Executive Officer”) deux ans plus tard. Des finances aux diverses institutions, italiennes comme européennes, sans oublier les négociations avec les sponsors et partenariats, Antonello a su s’imposer comme une figure respectable et respectée. Et appréciée, aussi. “Dès le premier jour, il a su se faire aimer par ses qualités humaines“, rappelait le président Giuseppe Marotta en début d’année.

C’est un homme de l’ombre qui connait les instances

C’est un homme de la finance, qui a commencé sa carrière dans le cabinet Deloitte puis Puma avant de rejoindre l’Inter en 2015 comme directeur financier, se remémore Cédric Canale, journaliste basé à Milan et suiveur de l’Inter, également animateur des podcasts “Canale Inter” et “Pronto Calcio”. Au moment de l’arrivée de Suning, il est rapidement devenu administrateur délégué. Ces dernières années, c’était l’alter ego de Giuseppe Marotta (désormais président, ndlr) pour la partie économique et corporate. Les deux administrateurs délégués étaient comme des coprésidents du quotidien (présents dans le conseil d’administration) aux côtés du jeune président Steven Zhang. C’est un homme de l’ombre qui connait les instances, avec notamment un rôle à l’assemblée de Serie A puis à l’ECA (Association européenne des clubs). Même, si avec l’absence physique de Steven Zhang à partir de 2023, il était de plus en plus visible médiatiquement, prenait davantage la parole lors des événements, des signatures des partenariats.” Et même avant certaines rencontres, où il n’hésitait pas à balayer tous les sujets. Même si pour les questions mercato et terrain, il renvoyait généralement la patate chaude à “Beppe” Marotta.

Il a contribué au développement du club durant cette décennie, se félicitait l’Inter au moment d’annoncer son départ en février. Son travail a été apprécié et a pu garantir à l’Inter un apport managérial, et sur le plan du développement du club, et sur le plan des recettes.” Le tout pour un total de deux Scudetti, deux Coupes d’Italie et trois Supercoupes d’Italie. “Son travail nous a permis, sans le moindre doute, de commencer ce cycle victorieux fait de victoires. Avec lui, nous avons gagné la deuxième étoile (vingt titres, ndlr) qui restera un souvenir qui nous unira toujours“, concluait Marotta. Pablo Longoria, qui a beaucoup d’estime pour son nouveau directeur général, est persuadé que son arrivée apportera une grosse plus-value sur le moyen-long terme.

Je suis très heureux d’accueillir Alessandro Antonello à l’OM. Nous nous connaissons depuis plusieurs années et j’ai toujours été convaincu qu’il s’agissait d’un des dirigeants connaissant le mieux l’industrie du football en Europe. J’apprécie particulièrement son exigence, son intégrité et sa capacité à faire évoluer des organisations dans des environnements complexes. Son expérience sera précieuse pour accompagner l’évolution de l’Olympique de Marseille dans toutes ses dimensions“, déclarait-il dans ce sens. Pour Cédric Canale, le dirigeant italien a “laissé une bonne image” à l’Inter.

Mais comme une page a été tournée avec un renouvellement important, difficile de parler d’héritage, ajoute-t-il. En tout cas, il est parti avec les contrats maillots et équipementiers en ordre pour plusieurs années. C’est un homme d’expérience qui connait aussi les mécanismes au niveau européen, avec notamment l’UEFA et l’UCA. Et puis Marseille regarde souvent du côté de l’Italie pour ses entraineurs, le recrutement ces dernières années.” Pas faux. Avec Roberto De Zerbi sur le banc, Medhi Benatia – passé par la Serie A durant sa carrière de joueur et qui maîtrise la langue de Dante – dans les bureaux, et enfin Pablo Longoria à la présidence, Antonello ne sera pas dépaysé. C’est aussi ce qu’il a poussé à accepter, lui qui disposait d’autres propositions sur la table.

Quelques flops MAIS UN CONTRAt RECORD

C’est un immense honneur et je suis fier de rejoindre un club aussi emblématique que l’Olympique de Marseille. Je suis très heureux de travailler aux côtés de Pablo Longoria, d’Alban Juster et de l’ensemble des collaborateurs. Je remercie sincèrement le propriétaire Frank McCourt, ainsi que le président Longoria pour la confiance qu’ils m’accordent. L’OM est un club unique, avec une histoire, une ferveur et une ambition rares dans le football européen. Je consacrerai toute mon énergie au service du projet porté par Pablo Longoria pour bâtir un avenir radieux pour le club“, a-t-il promis dans le communiqué diffusé par l’OM.

Durant son passage en Lombardie, et comme il est plutôt logique en dix années de travail, le dirigeant italien a essuyé quelques échecs. Dont le flop avec Digitalbits, puisque le contrat, initialement de trois saisons, a été rompu après une seule… faute de paiement. “On lui a aussi reproché d’avoir eu du mal à remplacer Pirelli comme sponsor principal, retrace Cédric Canale. Un an avec Socios puis le flop Digitalbits, Paramount+ à 11 millions plus bonus pour un an… C’est loin des standards des tops clubs européens. À son crédit, il était encore là au moment de signer il y a un an avec Betsson.” Un contrat qui se veut d’ailleurs historique pour l’Inter, puisque les rumeurs évoquent un montant de 30 millions d’euros par saison. L’un des plus grands contrats de sponsoring dans l’histoire du championnat italien. Selon La Gazzetta dello Sport, ce partenariat a été établi sur quatre années, dont une en option.

Mais alors, pourquoi se séparer si tout roulait plus ou moins ? Alessandro Antonello avait officiellement besoin d’un autre projet après une décennie passée sous les couleurs de l’Inter. Mais c’est surtout l’arrivée du fonds d’investissement américain Oaktree à la tête du club en mai 2024 qui a changé la donne.

Cela a entrainé des changements progressifs et plusieurs cadres ont été écartés et remplacés par d’autres experts italiens du secteur, conclut Canale. Il se dit qu’Oaktree était déçu des résultats des recettes commerciales, loin de la progression des recettes liées au sportif sur les trois dernières années. En effet, l’AC Milan a dépassé et distancé l’Inter sur le terrain commercial durant la période 2021-2024… Dès septembre, il se murmurait qu’Antonello allait quitter le club. La Roma semblait une destination possible pour succéder à l’ancienne directrice générale Lina Souloukou. Il aurait même rencontré la famille Friedkin, propriétaire du club, en ce sens. Il a quitté l’Inter en ce début d’année sans faire de bruit.”

Son arrivée à l’OM ne risque pas d’en faire beaucoup plus. Mais elle pourrait s’avérer importante dans le développement global du club olympien. Alessandro Antonello prendra ses fonctions le 1er juillet.



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