Sauf qu’en observant bien les mouvements les plus chers de l’histoire, il est extrêmement rare que ces individualités arrachées à prix d’or aient eu une quelconque influence sur le glorieux destin européen de leurs écuries. Mieux, ce fut dans la plupart des cas des échecs retentissants et même, pour certains d’entre eux, de vraies catastrophes industrielles.
135 millions d’euros pour Coutinho à Barcelone, 128 pour Joao Felix à l’Atlético de Madrid, 121 pour Eden Hazard au Real Madrid, 105 pour Paul Pogba à Manchester United : les flops sont nombreux et ont parfois, notamment dans le cas du FC Barcelone qui les a multipliés (Antoine Griezmann pour 120 millions, Ousmane Dembélé pour 135 millions), mis en danger l’équilibre économique et abîmé la compétitivité de l’équipe.
Antoine Griezmann lors de sa présentation à Barcelone
Crédit: Getty Images
Personne ne vaut 100 millions d’euros
Ces transferts à une ou deux exceptions près ne peuvent pas être des réussites. D’abord parce qu’en atteignant de tels montants, la pression est immense sur des joueurs pas toujours prêts à l’assumer. Si les exemples sont nombreux, les témoignages restent rares dans un milieu où personne n’expose ses failles. Randal Kolo Muani est arrivé pour 95 millions d’euros au PSG, quelques mois après il témoignait sur RMC Sport : “Je sais que les gens me jugent par rapport au montant du transfert. Après, ça me met une pression car je dois prouver que je vaux ce montant-là.“
Or, personne ne vaut ces montants fous et il est totalement stupide de tracer un parallèle entre le prix d’un joueur et son niveau supposé. Le raccourci le plus simple, et le plus tentant, est de faire du joueur le plus cher celui qui doit être le meilleur. Qu’attend-on d’un joueur qui vaut 100 millions ou plus ? Le problème, c’est la projection des attentes forcément inatteignable.
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Philippe Coutinho signs for Barcelona
Crédit: Getty Images
A ce prix-là, il doit nécessairement changer la face de l’équipe, la faire entrer dans une nouvelle dimension, en être le leader, l’incarnation. Or, ce sont toujours les plus grands clubs, les mieux outillés qui dépensent autant. Si Griezmann débarquait à l’OM, il changerait le visage de l’équipe. Dans le FC Barcelone de Suarez et Messi, c’était nettement moins évident. Voilà pourquoi tous ont presque se sont crashés.
A quatre exceptions près : Jude Bellingham, lors de sa première année, a fait progresser le Real Madrid et, parmi la colonie de joueurs à plus de 100 millions d’euros, il est le seul, avec Gareth Bale toujours chez les Merengues, à avoir eu un impact immédiat en Ligue des champions en la remportant. Bale a fini par disparaître, la seconde saison de Bellingham est nettement moins accomplie. Jack Graelish a, lui aussi, connu son moment de gloire et l’investissement consenti par City (118 millions d’euros) lui a aussi permis de remporter la C1 en 2023 mais l’histoire se termine mal. L’Anglais a disparu et, aujourd’hui, les Skyblues font tout pour s’en débarrasser.
Proche des cas Declan Rice et Enzo Fernandez
Kylian Mbappé, lui, est devenu l’un des plus grands joueurs de l’histoire du PSG. En restant sept ans, le prix de son transfert s’est amorti au fil des années et même si Paris n’a pas gagné de Ligue des champions avec Mbappé, il n’a sans doute jamais regretté l’investissement consenti sur le meilleur buteur de son histoire. A cette époque, Paris surpayait autant pour l’apport sur le terrain que pour le rayonnement international. Le Barça, lui, a cassé le marché pour faire oublier le départ de Neymar.
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Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé (PSG)
Crédit: Getty Images
Le cas Wirtz ne répond à aucune de ses logiques. L’international allemand vient simplement pour renforcer l’équipe. Il a 22 ans, déjà plus de 30 sélections. Mais le risque est réel de le voir plier sous le poids d’un prix qui ne correspond plus à rien aujourd’hui. Il va devenir le troisième joueur le plus cher de l’histoire mais il n’a jamais été et ne sera d’ailleurs sans doute jamais le troisième meilleur joueur de l’histoire. Sa réussite tiendra à sa capacité à digérer son nouveau statut.
Declan Rice à Arsenal (117 millions d’euros) ou Enzo Fernandez (121 millions d’euros) à Chelsea y sont parvenus. Ils n’ont pas révolutionné le niveau de leur équipe mais l’ont sensiblement amélioré. Pourtant, eux-aussi ont vu leur cote monter artificiellement simplement parce qu’un grand club de Premier League s’est intéressé à eux. Wirtz devra suivre ces exemples en gardant la tête froide ou prendre le risque de n’être qu’un nouveau flop à plus de 100 millions d’euros.
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