Roland-Garros 2015 – 361e contre 3e : Loïs Boisson peut-elle le faire contre Jessica Pegula ?

Roland-Garros 2015 – 361e contre 3e : Loïs Boisson peut-elle le faire contre Jessica Pegula ?



Le président de la Fédération française de tennis, Gilles Moretton, n’avait pas caché ses faibles attentes dans le tournoi féminin lundi dernier pour les Bleues. “Chez les filles, on a aujourd’hui un petit trou dans la raquette, a reconnu le patron de la FFT. Il y a des jeunes joueuses qui ont des qualités et du talent. Et puis on a aussi des 2012, 2013, 2014. On a mis en place à la Fédération un certain nombre de mesures. Les choses vont payer”. Mais il parlait sur le long terme. Sur plusieurs années, ne se faisant peu d’illusion pour ce Roland-Garros. Et au final, Lois Boisson est sortie du bois.

Dire que personne ne l’attendait est un doux euphémisme. Au début du tournoi, la Dijonnaise est 361e mondiale. Et elle ne doit sa présence dans le tableau qu’à une invitation de la Fédération française. Mais depuis, elle n’a cessé de surprendre pour sa grande première en Grand Chelem. Histoire de prendre sa revanche sur le destin alors qu’elle était inconnue du grand public il y a encore quelques jours et avant son coup d’éclat du premier tour contre la N.1 belge Elise Mertens (22e) et sa confirmation face à l’Ukrainienne Anhelina Kalinina (113e), ex-25e mondiale.

L’éclaircie improbable

En 2024 juste avant Roland-Garros, Lois Boisson avait en effet vu sa progression freinée par une rupture des ligaments croisés au genou gauche. A l’époque, elle enchaînait les succès sur le circuit secondaire (23 succès en 24 matchs) et venait de remporter le plus beau titre de sa carrière (ndlr : WTA 125 de Saint-Malo). De quoi regarder l’avenir avec quelques promesses. Mais voilà, son corps l’a lâché. Brutalement. “Ça a été une période difficile“, confesse-t-elle aujourd’hui.

Elle a cependant su se relever. Se reconstruire. Et revenir en 2025 avant de retrouver ses sensations et de remporter le tournoi de Saint-Gaudens (WTA 75) début mai pour convaincre les dirigeants de la FFT de lui offrir une wild-card à Roland. En toute logique étant donné les signaux envoyés. Et depuis, elle a explosé sur la terre battue parisienne pour faire mentir les pronostics de tout le monde, alors que l’on n’attendait pas grand-chose des Françaises. Alors, est-ce elle qui peut être l’éclaircie du tennis tricolore, qui ne compte aucune joueuse dans le Top 90 mondial ? Il est évidemment trop tôt pour le savoir, même si à 22 ans, la fille de l’ancien basketteur de l’ASVEL Yann Boisson a encore l’avenir pour elle et possède un jeu attrayant.

Pour ce Roland-Garros, Loïs Boisson a en tout cas déjà réussi à redonner un peu de baume au cœur aux amateurs du tennis féminin tricolore. Dernière représentante française dans les deux tableaux, la Dijonnaise séduit par son jeu puissant avec beaucoup de variétés. Un jeu qui fait merveille sur la terre battue parisienne. Mais peut-elle continuer de faire rêver la France du tennis, qui ne s’attendait pas à voir une Tricolore en huitièmes cette année ?

Pegula intouchable ?

On ne va pas s’en cacher, la marche semble beaucoup trop haute sur le papier. On parle quand même de Jessica Pegula. De la numéro 3 mondiale. De la dernière finaliste de l’US Open. Il y a monde d’écart entre les deux joueuses. Mais dans ce Roland-Garros, rien ne semble impossible. Et il y a quelques motifs d’espoirs pour Lois Boisson. Son niveau de jeu déjà. Mais aussi les performances de Pegula sur terre battue.

Plus à son aise sur dur et sur gazon, l’Américaine n’a jamais dépassé les quarts de finale à Roland-Garros. Et son premier sacre sur terre battue début avril à Charleston est trompeur, tant la surface verte du tournoi US est complétement “différente” de celle de Roland, dixit Pegula elle-même. Alors pourquoi pas un exploit aussi tonitruant et improbable que le début de parcours de Boisson dans ce tournoi ? Ça semble difficile à imaginer étant donné le CV de Pegula.

Une chose est sûre cependant : Boisson jouera sa chance à fond si son genou ne la contrarie pas comme au tour précédent. Car malgré son naturel réservé, le discours et l’attitude de la Tricolore de 22 ans poussent à penser qu’elle ne subit pas la pression. Et qu’elle croit en ses chances. “Je sais qu’à l’entraînement j’ai le niveau de toutes les filles qui sont ici. Il faut juste arriver à le mettre en place en match. Pour l’instant ça marche bien, j’espère que ça va continuer, a-t-elle glissé cette semaine. Il y a pas mal de pression et de stress car c’est Roland-Garros. Mais je m’en sers assez bien. Et quand j’arrive sur le terrain, je me sens bien. Je me sers du public”. Et elle en aura bien besoin face à la numéro 3 mondiale.



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